Je passe environ 50% de mon temps de travail hors les murs de mon bureau, pour squatter “chez l’client” comme on dit chez nous. D’Alger à Fort de France, en passant par Besançon et Tulle, je suis la championne toute catégorie du road trip de professionnelle, capable de faire 8.000 km dans la semaine, juste pour donner le plaisir sadique à des ingrats de me chercher des poux en comité de pilotage ….
Pour autant, 6 ans d’expérience ne m’empêchent pas de loozer régulièrement dans l’organisation et la conduite de mes voyages. Hôtels de passe moyens dans des bleds improbables, clefs de voiture de loc perdues au fond d’une poche de costume perçée, diners en solo dans des tripots où des voyageurs de commerce essaient de pallier leur propre solitude en te dragouillant péniblement, plateaux repas dans la chambre devant la télé pour échapper aux relous ci dessus cités, une longue suite de petites loozeries comme on les aime.
Mais là, cette fois j’ai fait fort.
Le pitch. Barcelone, 15 heures, fin de séminaire, j’ai 1 heure pour me faire une séance shooping. Autant vous dire que pour moi c’est easy ze cat, je suis capable de claquer 300 euros en 15 minutes sans respirer. Ca ne loupe pas, un petit passage éclair au Corte Ingles, et me voilà à la tête de 2 paquets de polvorones, 2 saucisses de lomo ibérico (du jambon qui sent bon mais fort), 6 conserves de mejillones, et 2 paires de chaussures (une bronze, et une imprimée léopard, splendides les 2).
Après une longue hésitation, je me décide à tout coller dans la valise, me disant que comme ça j’aurais les mains libres …. pour le duty free de l’aéroport ! Tant pis, les escarpins de pouffina côtoieront le lomo ibérico, lui-même peu éloigné de ma robe de princesse, que j’avais prévue de mettre pour le gala de l’avant veille, mais que j’ai été bien inspirée de laisser dans la valise, vu dans quel état j’ai fini.
Bref, j’enregistre mes bagages, et comme d’hab, je fais une tuerie chez Zara ….
Arrivée à bon port, j’attends mes bagages devant le tapis roulant. Pensive, je me dis que le lomo, les escarpins et la robe ne doivent pas faire bon ménage, et que vivement que je range mes valises, fasse une machine, puisque je repars le lendemain pour de nouvelles aventures. Las, à l’heure où je vous parle, la dite valise est toujours quelque part, entre Barcelone, Lyon et Paris … égarée par un magasinier incompétent étourdi.
Alors si bientôt vous croisez une donzelle avec une robe de princesse, mais qui sent étonnamment fort le jambon, vous saurez qui vous avez en face de vous ….
La looze !